Véritable épée de Damoclès sur le devenir de la planète.

Nous sommes dans un entre-deux. Cela fait maintenant quelques semaines que les Guadeloupéens vivent dans une sorte de bulle temporelle.

Un moment où l’avenir est suspendu à plusieurs évènements qui peuvent nous faire basculer d’un côté comme de l’autre.

Alors que nous étions en train de sortir doucement de la crise épidémique avec une diminution régulière des contaminations, du nombre d’hospitalisations Covid et même du nombre de décès causé par l’épidémie, voilà que nous vivons de nouveau un rebond.

À l’instar de nombreux pays dans le monde comme la France ou même la Chine, le nombre de contaminations repart à la hausse. Mais faut-il toujours déplorer les conséquences dont on chérit les causes ? Bien que chez nous cela puisse facilement s’expliquer par les festivités carnavalesques et autres bravades puériles où de nombreuses personnes se sont retrouvées dans les rues plusieurs heures durant sans masque et sans distanciation physique, il n’en est rien ailleurs. Faudrait-il croire que toute tentative d’abandon des gestes barrière provoque inéluctablement une remontée du nombre de contaminations.

Tel n’est pas le cas dans la Caraïbe où les consignes ont été mieux observées. Il ne faut donc pas tenter le diable tant il est vrai que ce variant Omicron extrêmement contagieux — même s’il demeure heureusement moins dangereux que Delta — s’est implanté pour longtemps au sein de notre population.

L’autre événement qui vient peser sur notre avenir immédiat et aussi de long terme, c’est la guerre en Ukraine. On aurait pu espérer que ce premier semestre 2022 aurait été celui du retour à une vie normale, du revival comme diraient nos amis Jamaïcains. Mais voilà que tout est de nouveau remis en question. Les conséquences économiques et politiques de cette guerre pour repenser de nouveaux équilibres, les risques de renverser la géopolitique mondiale que fait peser cette invasion et surtout les craintes de dérapages à tout moment font de cette confrontation militaire au cœur de l’Europe une véritable épée de Damoclès sur le devenir de la planète.

Les spéculations qui font flamber les cours du pétrole tel que l’on ne l’avait pas vu depuis le troisième choc pétrolier en 2008 quand le Brent avait alors atteint 140 $ le baril. Le choc actuel a conduit le cours à son plus haut le 7 mars 2022 à 139 $. Heureusement, il est très vite redescendu à moins de 100 $ au moment où j’écris ces lignes.

Aujourd’hui, les forces en présence sur le champ de bataille Européen rendent autrement plus périlleux le devenir de notre planète. Il faut dire qu’au-delà de cette attaque de l’Ukraine, tous les regards sont tournés vers la Chine. Ce pays dispose en effet de la capacité de calmer la situation afin de stabiliser le commerce mondial dont il est un acteur capital et le principal bénéficiaire.

Mais la Chine, comme on l’a vu durant la Seconde Guerre mondiale avec le Japon, peut également avoir la tentation de profiter de cette guerre en Europe pour avancer ses pions en Asie. Et notamment vers Taïwan qu’elle considère toujours comme une province chinoise. Rappelons que Taïwan c’est la quasi-totalité de la production mondiale de semi-conducteurs. Et sans semi-conducteurs, par d’ordinateurs, pas de voitures, pas de robots ni de machines dans les usines. Autrement dit, on se rend bien compte — en tout cas on le devrait — que la paix heureuse de la mondialisation sans fin n’est plus d’un coup, d’un seul, notre horizon à tous. En quelques semaines, la planète est redevenue dangereuse. Extrêmement dangereuse.

Pour autant, l’autre événement qui devrait orienter notre avenir à court terme est bien sûr l’élection présidentielle française.

Mais le brusque renversement de la situation internationale a presque mis cette élection au second plan. Le président sortant a d’ailleurs bien senti le coup en conservant son costume de président plutôt que d’endosser sa chemise de candidat.

Cela lui est extrêmement bénéfique en cette période de crise mondiale où les Français sont tous censés faire bloc derrière leur chef. En imposant une campagne sans meetings, sans débats sur les projets et sans confrontation entre candidats, Emmanuel MACRON comme le montrent les sondages, se positionne au-dessus des autres. Mais rien n’est jamais totalement et définitivement écrit et tout peut basculer, d’un coup d’un seul.

En Guadeloupe, pour autant, la vie continue.

À l’instar du Titanic, l’orchestre continue de jouer tandis que le bateau sombre et que les périls foisonnent au-dessus de nos têtes. On s’accroche à des lubies, on joue à l’enfant gâté. Aux exigences infondées, et aux grandes colères de l’irresponsabilité. Nous, au Progrès Social, sommes pour l’estime de soi, du grandir collectif, dans une intelligence collaborative, responsable car respectueuse.

Le monde n’a jamais été une sinécure. Il faut une volonté. Toujours !

Le fruit mûr tombe de lui-même, mais il ne tombe pas dans la bouche. Oui, il faut remettre le travail, la discipline, l’efficacité et la rigueur au centre du jeu. Il faut savoir siffler la fin de la récré.

Dans la résilience, et l’espérance, c’est ainsi que la Guadeloupe a survécu durant les heures les plus sombres de son histoire. Alors au boulot !

Rodes Jean-claude .

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