Alors que les élections présidentielles approchent à grands pas.

Alors que les élections présidentielles approchent à grands pas, le microcosme local ne semble pas s’en préoccuper  outre mesure. Du moins devrais-je écrire, n’avait pas l’air de s’engager fiévreusement, car en coulisses les sections des partis nationaux, comme les postulants aux législatives  fourbissent leurs armes. Comme pour ne pas faire mentir la tradition pour se fournir en voix, cette semaine, on a eu, après celle de Mélenchon,  la visite de la candidate socialiste Anne HIDALGO.

La maire de Paris qui plafonne dans les sondages mais qui a déjà bouclé ses 500 parrainages était bien entourée durant tout son séjour  et notamment par le premier fédéral Olivier NICOLAS. On a également reconnu parmi ses proches  le très connu  Jacques MARTIAL, le Conseiller délégué en charge des Outre-mer. Lui, qui été  de 2006 à 2015, président de l'Établissement public du parc et de la grande halle de la Villette, puis président du Mémorial ACTe à partir du 15 juin 2015.

Parmi ses affidés les principaux élus socialistes jouant la carte de la fidélité au parti comme les sénateurs LUREL et JASMIN, les maires ATALLAH, OTTO, BRUDEY, PONCHATEAU ou SAPOTILLE. Mais décidemment, il n’y a pas que dans les sondages que la candidate ne décolle pas puisque à peine une centaine de personnes s’est déplacée pour suivre son seul meeting qui était organisé à l’auditorium de Basse-Terre. Au moins, le soutien des élus  socialistes Guadeloupéens confirme s’il en était besoin leur loyauté  au PS parisien.

Second évènement, moins médiatisé, mais sans doute tout aussi important, la tournée parisienne du président du Conseil Départemental Guy LOSBAR. Le point d’orgue de cette visite, une audience au palais de l’Élysée, en dépit d’un agenda surbooké et sensible du président Macron avec le conflit Ukrainien. C’est dire l’importance que Macron a donné à cette rencontre. On peut supposer au vu du planning très politique de Guy LOSBAR, qui a rencontré tous les pontes du LREM  que les questions sociales et sanitaires  de la Guadeloupe n’ont pas été les seules au menu. Il est vrai que ces questions « locales », celle de la crise chez nous, avaient été évoquées lors de la visio-conférence  entre les élus d’outre-mer et le président Macron. Il est clair que les enjeux liés à la présidentielle ont eu toute leur place. D’autant que le GUSR dirigé par Guy LOSBAR est finalement le seul parti à rester fidèle au président. Après l’éloignement d’Ary CHALUS qui ne se considère pas comme le référent de LREM, après les hésitations et les formules acides  du député LREM Olivier SERVA qui a connu moults déconvenues de la part du pouvoir, après les distances prises par Max MATHIASIN, seul le GUSR, ne s’est jamais démarqué du parti présidentiel.

Sé on men ki ka lavé lòt. Le futur candidat Macron aura bien besoin d’une structure locale pour promouvoir sa campagne. Le président Guy LOSBAR pourrait donc bien dans cette situation tirer les marrons du feu pour reprendre le leadership local en cas de réélection du président. Rappelons que le 1er tour aura lieu le dimanche 10 avril 2022. Et pour le 2ème tour, le dimanche 24 avril 2022.

Les élections législatives se dérouleront les dimanches 12 et 19 juin 2022 pour la désignation des 577 députés, parmi lesquels 11 députés des Français établis hors de France. Ce 2ème tour de l’élection présidentielle donne traditionnellement au président élu une majorité pour gouverner.  Et pour ceux qui l’auront soutenu profiteront aussi de « l’état de  grâce ». Le GUSR pourrait ainsi rebattre les cartes. Le GUSR étant le parti majoritaire dans l’archipel, pèsera de tout son poids avec ses grands électeurs,  lors des sénatoriales  en septembre. En obtenant, cet entretien

« privilégié » avec le président, LOSBAR se fait — sans tambour ni trompette — une place au premier rang. Décidément la politique n’est pas seulement une question de bataille contre des adversaires connus et déterminés, mais surtout une capacité à repousser les velléités venues de son propre camp. Ce n’est plus la maxime « préservez-moi de mes amis, je m’occupe de mes ennemis » mais  dans la quête permanente du leadership, « j’évince déjà mes amis pour mieux me débarrasser de mes ennemis ».

Certes aucune élection locale n’aura lieu dans les quatre prochaines  années. Mais  ces présidentielles seront certainement l’occasion de se repositionner par rapport au pouvoir central. Car on l’a bien observé au cours de la crise sanitaire et de la crise sociale. L’Etat avec sa puissance financière, ses forces de l’ordre, sa maîtrise de la législation, a montré qu’il était le maître du jeu.  Il a  accentué sa prééminence sur la gestion des affaires locales, nonobstant la décentralisation voire la loi 4D. Du coup, être du bon côté du manche, du pouvoir et des puissants, peut faciliter bien des choses.

Il est tout aussi vrai, que ceux qui auront quitté le bateau trop tôt risquent de s’en mordre les doigts. Rien n’est jamais définitivement écrit. A moins qu’ils sentent venir les bons coups à jouer. Mais cà, seul l’avenir et leur karma, nous le diront. Wait donc and see !

JEAN-CLAUDE  RODES

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