2022 démarre mal !

La trêve aura été de courte durée. Les opposants à l’obligation vaccinale des professionnels de santé, sans égard pour le caractère général et universel de la loi qui l’a prévue, pas plus que pour l’intérêt général qui s’attache à son application, ont dès les 1ers jours de l’année nouvelle repris les hostilités et réinstallé sur les routes des barrages que les forces de l’ordre démantèlent mais qui sont rétablis  quelques heures après. Combien de temps ce petit jeu du chat et de la souris va-t-il durer ? Il appartient à l’Etat d’assurer l’ordre public et, en particulier, de veiller à ce que les libertés publiques puissent être exercées par les citoyens. La liberté de manifester est l’une d’elles mais elle n’est pas supérieure aux autres et ne confère pas le droit de priver la population de l’exercice de sa liberté d’aller et venir, de travailler , de se faire soigner ni celui de saccager des biens publics comme les routes, les hôpitaux et les écoles ou de mettre en danger la vie d’autrui. Les contribuables vont finir par se lasser de l’impunité des casseurs. En empêchant ou en retardant l’accès des véhicules de transport sanitaire aux urgences des hôpitaux, les barrages font perdre aux malades et blessés une chance sérieuse de pouvoir se rétablir. Les malades dont les interventions sont déprogrammées du fait de la priorité donnée dans les hôpitaux aux malades atteints de forme grave du COVID et qui pour la plupart ne sont pas vaccinés, s’inquiètent légitimement des conséquences de ces reports. L’heure n’est pas aux procès en responsabilités mais cela viendra. Et tout ceci se passe à un moment où le variant OMICRON, apparu en Guadeloupe le 17 décembre, se répand  à la vitesse grand V. Qu’en pense l’autorité judiciaire ? On aimerait savoir  si des poursuites ont été engagées par les procureurs de la République contre les auteurs de violences au CHUG, la dégradation de biens dans des écoles et  sur les routes. Ne pas jeter de l’huile sur le feu peut se comprendre  jusqu’à une certaine limite, la sécurité des personnes et des biens. Au silence et à l’apparente résignation de la population succède maintenant l’indignation. Trop, c’est trop, il y a des limites aux formes que peut prendre la contestation. Une réprobation des exactions et violences commises depuis  deux mois se fait entendre. Des manifestations ont commencé à être organisées pour dénoncer les violences et exactions, en particulier celles qui se sont produites au CHUG.

La 1ère semaine de l’année 2022 a vu les chiffres de l’épidémie s’emballer de façon vertigineuse. Le nombre de nouveaux cas de COVID dépistés a atteint 13215  soit 4 fois plus que la dernière semaine de 2021. Le taux de positivité des tests, 21,1%  est 20 fois supérieur à son niveau deux semaines auparavant !  Le taux d’incidence  qui était de  53,9 pour 100 000 habitants en S50, de 144,1 en S 51 et de 887,3 en S52 est passé à 3506. Le variant OMICRON est désormais en cause dans  96% des cas de COVID dépistés.

Si la vaccination de la population progresse, la couverture vaccinale reste très faible. Le taux des plus de 18 ans ayant reçu au moins une injection est en début de S2 de seulement 47,17%. Les préjugés ont la vie dure… 15716 injections ont tout de même été pratiquées en S1. L’insuffisance de la  couverture vaccinale a amené l’Etat à prolonger la gratuité des tests jusqu’au 15 février  dans l’archipel. Cette faveur bienvenue en ce qu’elle favorise le dépistage peut apparaître aussi comme une prime à la désobéissance civile.

Chez les professionnels de santé soumis à l’obligation vaccinale, la situation évolue lentement mais sûrement. Les professionnels en exercice libéral sont désormais vaccinés à 90,74%.. Les taux les plus faibles concernent les psychologues (80%), suivis des infirmiers (87,77%) et  les plus élevés, les médecins (95,47%). Dans les hôpitaux et cliniques, les taux les plus faibles sont dans les EHPAD (90%) et à l’établissement de santé mentale (90,40%). Le prix d’excellence est attribué à la polyclinique Saint-Christophe où 100% des professionnels sont vaccinés et  le 2ème prix au centre hospitalier de Marie-Galante avec un taux de 99,25%. Au CHUG, le taux est de 95%, il est de 95,60% au CHBT.

Si le vaccin est imparfait puisqu’il n’empêche ni d’être contaminé ni de contaminer autrui, il permet d’éviter les formes graves et c’est essentiel. La vaccination est actuellement à vrai dire la seule protection contre le COVID. La 5ème vague pourrait bien faire être ravageuse pour les personnes non vaccinées atteintes de co-morbidités.

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