Oui la France n’est pas Paris comme la Guadeloupe n’est pas l’outre-mer.

Nous sommes, et bien heureusement, en train de sortir doucement mais sûrement de la 4e vague de la covid19. C’est donc le temps du déconfinement, par étapes. Celui de la reprise progressive du cours normal de nos vies. Mais ce moment de bonheur tant attendu est encore malheureusement contraint et limité à la fois par la présence encore virulente du variant Delta. Par le triste et douloureux bilan qui a frappé nombre de familles Guadeloupéennes dans leur chair et qui continue à travers les « rescapés » qui souffrent du Covid long.

Les conséquences sociopsychiques au sein des familles, des amis, des voisins qui se sont déchirés et qui se déchirent encore sur la question de la vaccination laisseront des traces. Confucius a raison.  Commettre une faute et ne pas s’en corriger, c’est là, la vraie faute! » Surtout lorsque les conséquences se mesurent en nombre de morts.

Le challenge est de préparer et surtout de réussir l’après Covid. Si l’on doit avancer un pas après l’autre, il faut déjà réfléchir à l’avenir. Et faire un diagnostic lucide. Dans quelles conditions la Guadeloupe se retrouve-t-elle au sortir de cette 4e vague ? Que devons lucidement envisager pour nous préparer à affronter à la fois ce virus qui ne cessera pas de muter et surtout ses conséquences désastreuses sur l’économie. Et je ne parle pas ici de slogans politiciens.

Je ne rentre pas dans des considérations liées à un affrontement permanent avec les autorités quelles qu’elles soient. Non je veux évoquer la situation sanitaire et économique réelle de notre pays.

Alors que nombre de nos voisins de la Caraïbe ont tenté au début des stratégies diverses et variées pour contrer l’épidémie, tous sans exception et quel que soit le régime, du sud au nord de l’arc Caraïbe, en viennent à l’idée qu’il faut passer par la vaccination. Même notre plus proche voisine la DOMINIQUE, longtemps restée claquemurée dans ses certitudes sur la fermeture des frontières doit revenir aux réalités, poser les pieds sur terre, car à un moment ou à un autre il faut toujours rouvrir. Et sans protection globale, c’est revenir à la case départ et fermer une parenthèse.

La Dominique qui depuis le début de l’épidémie en mars 2020 comptait zéro mort et une vingtaine de cas jusqu’à la mi-août 2021, dénombre déjà au 26 septembre 15 morts et 900 cas positifs en trois semaines. C’est dire que si chaque pays gère l’épidémie selon ses moyens, les caractéristiques de sa population et sa capacité à résister, il est un élément que l’on ne peut plus mettre en doute, c’est que les pays qui reprennent une vie normale avec la vague sont les pays qui ont un fort taux de vaccination dans toutes les tranches de populations. Il suffit pour les amateurs de foot de regarder les matchs européens avec des stades à pleine jauge. Ça fait rêver !

Pour revenir à la Guadeloupe, il est indiscutable que nous ne sommes toujours pas prêts à affronter une éventuelle nouvelle vague — le pire n’est jamais sûr — ni à retrouver une vie « normale ». Non seulement parce que la vaccination qui a augmenté lentement, va mécaniquement ralentir avec le déconfinement mais aussi parce que nous n’avons pas encore pris la mesure de ce qu’est une lutte collective contre un virus. Car oui face à l’épidémie c’est le collectif qui compte.

On devra très rapidement tirer les leçons de cette épouvantable période. Il ne s’agit pas de s’autoflageller, quoique, ni même de se victimiser — sa ki fèt, fèt — mais de prendre conscience des erreurs commises, même avant la Covid, afin de ne plus les reproduire. Le monde c’est aussi l’affrontement des cultures et des modes de pensées, des conflits entre tradition et rationalité. Nous sommes des héritiers de ces deux mondes. Il faut vraiment avoir conscience de notre identité de peuple avec ses forces et ses faiblesses. De notre dimension archipélagique qui nous fournit de nombreux atouts notamment touristiques, mais aussi des lacunes qu’on ne peut appréhender, quoi qu’on en pense, depuis un bureau parisien.

Oui la France n’est pas Paris comme la Guadeloupe n’est pas l’outre-mer. La Guadeloupe est dans le monde mais la Guadeloupe n’est pas le monde.

L’état central s’en est d’ailleurs aperçu au début du mois d’août, lorsqu’il a — un peu — pris en compte dans sa communication, la sensibilité des gens de ce pays et fait appel aux experts Guadeloupéens avec une parole forte du larèl et mès ét labitid du pays.

Mais dans la santé comme dans l’économie, les Guadeloupéens, qui ont payé le prix fort à l’écoute de gourous autoproclamés, doivent et devront assumer leurs responsabilités. Car nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes, sans en assumer les conséquences.

C’est là, peut-être, l’occasion de réellement mettre en œuvre le concept de différenciation chère au président Macron. Mais un rêve reste un reste un rêve si on ne se donne pas les moyens de le réaliser. Vouloir c’est pouvoir dit-on. Alors YES WE CAN.

Rodes Jean-Claude.

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