Que se passe-t-il à l’UDAF de la GUADELOUPE ?

Les mots de Mme La Présidente Eliane MAVAKALA

Qu’est-ce que l’UDAF de la Guadeloupe ?

L’UDAF 971 est une association regroupant les associations familiales et les fédérations d’associations familiales du département de la Guadeloupe, conformément aux dispositions de l’article L211-4 du Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF). Elle a été créée en Guadeloupe en 1952 par des militants familiaux guadeloupéens.

L’UDAF 971 est membre de l’Union Nationale des Associations Familiales (UNAF) et perçoit à ce titre une subvention provenant d’un fonds spécial. L’UDAF 971 n’est cependant pas juridiquement dépendante de l’UNAF. Les principales missions de l’UDAF de Guadeloupe sont les suivantes :

  • Représentation des familles auprès des pouvoirs publics,
  • Information, étude et actions utiles à la défense des intérêts généraux, matériels et moraux des familles de Guadeloupe,
  • Gestion de tout service d’intérêt familial, dont les pouvoirs publics estimeront devoir lui confier la charge

L’UDAF 971 est également gestionnaire de plusieurs établissements médico-sociaux, qui représentent aujourd’hui une part importante de ses activités.

D’après les informations entendues dans les médias, vous auriez, vous et votre Conseil d’Administration été écartés de la gestion de l’Association ?

C’est par un courrier daté du 22 juillet 2021 que le Conseil d’Administration de l’UDAF de la Guadeloupe a appris par  M. DOUTEAU, administrateur de l’UNAF,  que M. Le Préfet de la région Guadeloupe Alexandre ROCHATTE,  aurait par courrier du 16 juillet 2021(nous n’avons toujours pas eu connaissance du contenu de ce courrier, voire de son existence) missionné officiellement l’UNAF en tant qu’administrateur provisoire de notre association en lieu et place de l’actuel Conseil d’Administration. Nous n’avons reçu aucune information de la préfecture en ce sens, la direction de l’UNAF n’a pas non plus eu la décence de nous informer de cette décision ni de l’arrivée en Guadeloupe de ses administrateurs.

Sur ces faits, deux informations majeures peuvent être retenues :

Premier élément :

Comment le préfet peut dans un courrier que personne n’a jamais vu, et qui a été  qualifié « d’arrêté », prendre une telle décision sans que le conseil d’administration, ou la présidente ait été tenu informé par un courrier officiel ? Nous n’y croyons pas. De plus tout arrêté préfectoral doit faire l’objet d’une publication dans le Registre des Actes Administratifs (RAA). Le constat c’est qu’en date du 16 juillet 2021 il n’y a rien, concernant l’UDAF, ni avant cette date, ni après cette date.

Second élément :

Comme je vous l’ai rappelé en préambule, L’UDAF971 est une association adhérente de l’UNAF. Mais notre institution n’est en aucun cas juridiquement dépendante de l’UNAF. Ce qui revient à dire que l’UNAF ne peut à aucun moment, juridiquement prendre la direction de nos institutions en nommant des administrateurs et en dissolvant notre conseil d’administration.

Quelles sont selon vous les raisons, qui ont conduit à  cette situation ?

Les raisons je ne les connais pas, puisque comme je vous l’ai dit, il n’y a pas eu de communication à notre attention. Ce que je peux vous dire c’est que j’ai reçu le 15 juin 2021 une lettre d’injonction du Préfet de la Guadeloupe qui, s’appuyant sur un rapport d’audit de l’UNAF sur l’utilisation du Fonds Spécial, me demandant de lui assurer que les administrateurs ont eu connaissance de ce rapport,  et que  les préconisations dudit rapport vont être mises en place pour faire cesser les dysfonctionnements mentionnés par les auditeurs.

J’ai répondu le 29 juin 2021 en mettant en avant les décisions prises pour  revenir à un fonctionnement normal de notre institution.

Je tiens à préciser que le courrier du préfet ne reprend que partiellement les éléments du rapport d’audit de l’UNAF, en effet, celui-ci  pointe des dysfonctionnements imputables au Directeur Général que le préfet n’a pas jugé bon de reprendre dans son courrier alors même que ces faits sont de nature à remettre en cause la continuité de notre activité.

Quelles sont les dysfonctionnements mis en lumière par le rapport de l’UNAF ?

Tout d’abord il est important, je crois, de préciser que ce rapport a été établi en violation des statuts de l’UNAF dans la mesure où il n’y a pas eu de procédure contradictoire, car je n’ai pas été entendu par les auditeurs.

 Le Directeur Général qui les a rencontrés, n’a semble-t-il pas souhaiter porter la contradiction.

Le rapport de l’UNAF pointe des dépenses pour l’organisation des Assemblées Générales annuelles, d’un séminaire de formation à l’attention des administrateurs et d’évènements à l’attention des salariés. Les montants sont jugés « inappropriés » sans qu’il soit tenu compte de la participation versée par les participants ni du nombre de convives.

 Il nous a également été  reproché d’avoir organisé une Assemblée générale pour un montant brut de 20 k€, or si l’on considère qu’il y a eu  200 participants et qu’ils y ont participé chacun à hauteur de 25 €, on s’aperçoit, même moi qui ne suis pas comptable, que le coût de revient est en fait de 75 €/personne,  incluant la location de la salle, la sonorisation, l’éclairage, le repas, le service, la sécurité et les honoraires des intervenants. Pour information, les notes de frais du Directeur Général correspondant aux invitations au restaurant représentent des montants bien supérieurs.

Un autre élément du rapport me reproche l’achat d’un billet d’avion dont les services de la Direction générale n’ont pas fourni la facture, cet achat correspondait à un déplacement en France pour une réunion de l’UNAF. Mais il est également question, de l’achat par la Direction Générale de téléphones portables pour plus de 2 000€, du véhicule de fonction ultra haut de gamme du Directeur Général, de notes de frais et de voyages du Directeur général en classe affaire.

Les griefs établis dans  ce rapport à l’encontre du Directeur Général ne sont pas repris par le Préfet.

Je précise également que les allégations du préfet de Région selon lesquelles mes frais de déplacements ne seraient pas justifiés sont en contradiction avec le rapport d’audit de l’UNAF, lequel  ne remet pas en question le bien fondé de mes déplacements mais le mode de calcul des frais de déplacements (calculs effectués par les services de la Direction Générale).

Avez-vous des reproches à adresser au Directeur Général ?

Lors de ma prise de fonction en 2017, j’ai constaté plusieurs dysfonctionnement au sein de l’UDAF de Guadeloupe, la sur-rémunération du Directeur Général, ses voyages injustifiés en classe affaire, des règlements effectués par le Directeur Général en violation des statuts de l’UDAF, un fonctionnement opaque, aucune information en direction du Conseil d’Administration et j’en passe.

J’ai décidé de mettre un terme à ces pratiques et de mettre de l’ordre dans le fonctionnement et l’organisation de notre UDAF.

Il faut comprendre qu’avec les années, profitant ou abusant de la confiance que mon prédécesseur avait placée en lui, M. le Directeur Général a pris l’habitude de tout gérer à sa façon, sans rendre de compte, considérant le Conseil d’Administration comme une chambre  de validation de ses propres décisions. C’est lui qui ordonnance les dépenses et qui signe également les ordres de paiements même quand il s’agit du paiement de ses propres notes de frais.

Le directeur général considère la gouvernance (Conseil d’administration, et présidence) comme des soldats aux ordres  à qui il peut  distiller  les informations choisies  qu’il veut bien nous donner.

C’est ainsi que nous avons appris que l’UDAF 971 était poursuivie en justice lors d’un appel fortuit émanant de la partie requérante. Une fois de plus M. le Directeur Général n’a pas jugé bon d’en informer la gouvernance de notre institution à quelques niveaux que ce soit :

  • Présidente
  • le Conseil d’Administration,
  • Commissaire aux Comptes.

De même, ce n’est que par la voie du Commissaire aux comptes que j’ai appris les difficultés financières que nous rencontrons dans la gestion des établissements médico-sociaux dont nous avons la charge. L’ARS rejette près de 50k€ de dépenses sur un établissement, le Conseil Départemental refuse le déficit présenté pour un autre établissement et nous fait ordre de rembourser plus de 55k€, et les administrateurs n’en sont pas informés.

Plus grave encore, les écarts entre les comptes présentés à l’ARS et ceux présentés aux Administrateurs. Le commissaire aux comptes pointe également des défaillances dans la circulation des informations.

Des honoraires d’accompagnement figurant dans les comptes et pour lesquels ils n’existent pas de convention

Par ailleurs, autant la gestion des établissements médico-sociaux peut poser question, autant la gestion des ressources humaines par le Directeur Général est calamiteuse, dans une association de 130 salariés, il n’y a pas de Directeur de Ressources Humaines, dans une association d’un budget annuel de 11 millions d’euros, il n’y a plus de Directeur Financier depuis bientôt 7 ans, le service comptable n’a plus de chef de service car elle est maintenant en arrêt maladie depuis plusieurs mois, suite à la pression exercée par la direction générale à son encontre. Il n’y a pas non plus de responsable de projets.

Quelles solutions avez-vous mises en place en tant que Présidente ?

 J’ai nommé un nouveau trésorier à qui j’ai confié la mise en place de procédures visant à mettre un terme à ces dysfonctionnements, j’ai nommé un nouveau Commissaire aux Comptes, j’ai mis un terme au contrat nous liant au cabinet d’expertise comptable SOFIGEC, souhaitant que les comptes soient établis par le service comptable et que les travaux soient suivis par le Trésorier.

Je me suis opposée au paiement d’heures supplémentaires du Directeur Général dont le statut de cadre rend cette action, injustifiée et  illégale.

  1. Cependant, profitant de l’absence pour maladie de la cheffe de service comptable, M. le Directeur général a de nouveau fait appel au cabinet d’expertise comptable SOFIGEC , renouant ainsi des relations avec le cabinet pour lequel le conseil d’administration avait dénoncé la collaboration et avait pour cela payé une importante indemnité de fin de contrat anticipée (11 958,87 €) le 05 mars 2021.
  2.  En violation de la décision du conseil d’administration, le directeur général s’est permis quelques temps plus tard, le 19 avril 2021, de renouer une relation commerciale, sans en avertir le conseil d’administration, en signant de  lui-même une nouvelle convention augmentant la rémunération du cabinet de plus de 20%.

Je ne vous cache pas que je suis extrêmement dubitative sur le fait de savoir ce qui a pu pousser la direction générale à reprendre un nouveau contrat de prestation 20% plus cher que le contrat précédent ?

Nous finirons bien par trouver une explication à cela ! Mais nous avons une petite idée.

C’est pour toutes ces raisons, entre autres, que le Conseil d’Administration a décidé le 9 juillet 2021 de prononcer la mise à pied à titre conservatoire de M. le Directeur Général en attendant le rapport d’un audit commandé auprès d’un cabinet indépendant.

Le Directeur Général a pourtant été rétabli dans ses fonctions par un groupe que l’on peut qualifier de mercenaires, dont nous ne savons toujours pas à ce jour, quelle légitimité juridique à ce groupe venu de Paris

C’est bien là tout le problème et toute la question, le Conseil d’Administration essaie de mettre de l’ordre dans la gestion de l’UDAF, L’UNAF et la préfecture sont conscientes des problèmes et des pratiques du Directeur Général mais c’est la Présidente et le Conseil d’Administration qu’on écarte, et le Directeur Général qui est rétabli avec les mains libres pour réitérer les fautes du passé.

Qu’en pensez-vous ?

Je ne sais quelle main invisible protège M. Le Directeur Général, je ne sais quels avantages ou quels intérêts peut tirer l’UNAF et la Préfecture de cette situation. Est-ce un moyen pour l’Etat de voir dissoudre l’UDAF de  Guadeloupe et mettre la main sur le patrimoine des familles guadeloupéennes ? Est-ce un plan de sauvetage du Directeur Général au détriment des intérêts des familles et de la Guadeloupe ? Je ne saurais répondre, j’invite cependant tout un chacun à se poser les bonnes questions :

  • Qui a intérêt à voir sombrer l’UDAF 971
  • Qui a bénéficié des dysfonctionnements de notre association ?
  • Qui s’est enrichi sur le dos des familles guadeloupéennes ?

Lorsque nous aurons les réponses à ces questions, pour lesquels nous avons déjà de bonnes pistes, vous constaterez que les projecteurs se tourneront alors vers  les véritables responsables, qui ne pourront désormais plus rester dans l’ombre, faisant apparaitre les instigateurs mais également les comparses de cette tentative de déstabilisation, orchestré contre notre institution.

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