Mortalité du 1-5 au 24-8-2020.

À l’heure du coronavirus

NDLR : Cet article est le 4ème sur le sujet, le 1er traitant des décès du 1er mars au 20 avril, le 2ème du 1er mai au 20 juillet 2020, le 3ème du 1er mai au 24 août.

Les dernières données :

Entre le 1er mars et le 21 septembre 2020, la France a enregistré 9% de décès de plus qu’à la même période en 2019. Mais entre le 1er mai et le 21 septembre, l’augmentation est de seulement 1%. Et sur la dernière période connue, du 1er au 21 septembre, marquée non seulement par le coronavirus mais aussi par la canicule, elle est de 2,1%. Plus rien à voir donc avec la surmortalité de 26% des mois de mars et avril…et pourtant !

Une comparaison des décès entre 2020 et 2019 sur la période du 1er mai au 21 septembre en France hexagonale  donne les résultats suivants : une augmentation dans 6 régions : Hauts de France, Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes, Centre-Val-de-Loire, Ile-de-France et Occitanie ; aucune différence dans 2 régions (PACA et Corse) ; une diminution dans les 5 autres régions.

Si le nombre de décès a augmenté en France (entière) entre le 1er mai et le 21 septembre, la hausse concerne exclusivement les personnes âgées de 65 à 74 ans  (+4%). Le nombre de décès des plus de 75 ans s’est stabilisé. Une diminution des décès est  constatée dans les autres tranches d’âge : -1,5% pour les personnes de 50 à 64 ans, -4% pour celles de 25 à 49 ans et -8/ pour les moins de 25 ans.

Dans tous les DOM, sur la période du 1er mai au 21 septembre, entre 2020 et 2019, la mortalité a augmenté : +2% en Martinique, +4% en Guadeloupe, +8% à la Réunion, +11% en Guyane et +20% à Mayotte.

On ne peut manquer de s’étonner du classement de la Guadeloupe en zone d’alerte maximum au regard de ces données. Le critère retenu pour ce classement n’est toutefois pas la létalité mais le taux d’incidence dans la population et la part des patients COVID en réanimation. Le seuil d’alerte maximum est déclenché lorsque le taux d’incidence dépasse 250 pour 100.000 habitants et la part des patients COVID en réanimation 30%. Cela a été le cas en Guadeloupe à partir de la semaine 37 où le taux a atteint  255) et a grimpé jusqu’à 299 en semaine 38 avant de diminuer en semaine 39 (21 au 27 septembre) mais insuffisamment (278) pour changer le classement. De l’évolution au cours de la semaine 40 et de la 41 qui commence dépend le maintien ou la sortie de l’alerte maximum. Chacun, par un comportement responsable, peut contribuer à diminuer  le taux d’incidence.

Pour l’heure, dans tout l’archipel, les bars et restaurants sont fermés depuis le 27 septembre sans égard ni pour les efforts d’aménagement effectués ou susceptibles de l’être pour limiter les risques, au demeurant relativement faibles en terrasses, ni pour les conséquences sociales et économiques de ces fermetures. Paradoxalement, on est autorisé à quitter l’archipel et à se rendre de l’autre côté de l’Atlantique en avion sans justifier d’un test négatif alors que les sièges sont rapprochés et que les passagers enlèvent leur masque le temps des repas et collations. Comprenne qui pourra !

Pourquoi, alors qu’il est admis que les clusters se forment essentiellement dans la sphère familiale, une décision aussi radicale et attentatoire à la liberté du commerce et de l’industrie pourrait-elle rester en vigueur en Guadeloupe? A Marseille et Aix-en-Provence, les bars et restaurants devraient rouvrir dès ce lundi. Comment en effet maintenir la décision de fermeture dans ces villes  alors qu’à Paris et dans « la petite couronne », où l’alerte maximum est déclenchée, ces établissements resteront ouverts ?

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