Aimer la Guadeloupe, c’est aussi aimer le pays et ses gens.

Cluster est un anglicisme bien connu des informaticiens, bien qu’il ait plusieurs sens. Pour un informaticien le cluster — bloc en anglais — est à la fois la plus petite unité de stockage d’un système de fichier mais également un ensemble de machines informatiques.

C’est essentiellement dans ce second sens qu’il est utilisé pour caractériser l’évolution d’une épidémie. Dans le sens d’un regroupement tel qu’il se conçoit en matière de nouvelles technologies lorsqu’il s’agit de désigner une zone qui rassemble de nombreux laboratoires de recherche ou d’entreprises travaillant sur un même secteur d’activité. C’est ainsi donc qu’on qualifie un foyer de contagion dans le cas d’une épidémie. Et de toute évidence c’est ce cluster épidémique qui demeure la hantise des ARS, du gouvernement, des entreprises et de la population et même de l’OMS.

Quelques semaines après le déconfinement, on a vu apparaître en France des clusters dans des villages, des communes voire des départements entiers comme ce fut le cas en Mayenne. Et la crainte avec le « relâchement », d’une seconde vague, tant redoutée, n’est donc plus à exclure. Gagner une bataille ce n’est pas gagner la guerre. Qu’en est-il ici, de la responsabilité individuelle ?

En Guadeloupe, puis en Martinique cette reprise s’est manifestée par la découverte de clusters dont “les patients zéro” revenait de Saint-Martin.

Depuis, le relâchement généralisé aidant, le virus se propage de famille en famille, de collègue à collègue, de soirée en soirée. Pourtant, fin mai, nous étions tous persuadés que la maladie était sous contrôle. Seule crainte à ce moment, l’arrivée programmée de vacanciers et autres touristes venant d’Europe. Autant dire que les services sanitaires se retrouvent de nouveau sur le front. La perspective de mesures sanitaires plus strictes à l’intérieur comme à l’extérieur du territoire est bien envisagée. Déjà les Bahamas (voir p.24), ont totalement reconfiné pour 14 jours.

Notre archipel étant un territoire bien circonscrit, il n’est dès lors pas inenvisageable — si la situation se dégrade — que nous soyons reconfinés, avec tous les désagréments que cela implique. L’ARS essaye de son côté de monter son niveau d’action : plus de tests, une surveillance accrue des arrivées, un suivi plus précis des cas positifs et de leur entourage. Mais, on le sait déjà pour l’avoir vu dans l’Hexagone, ces actions demeurent encore possibles tant que les chiffres restent à un certain niveau. Mais si le virus se propage sur tout le territoire et touche non plus des dizaines de personnes par jour mais des centaines voire des milliers, ce suivi ne sera plus possible.

Dès lors, la seule solution demeure celle de la responsabilité. Responsabilité individuelle. Responsabilité collective. Chacun doit bien se rendre compte qu’il ne s’agit pas de santé personnelle mais bien de protéger les autres en se protégeant. On ne peut crier sur tous les toits que l’on souhaite plus d’autonomie, plus de responsabilité, plus de souveraineté et continuer d’agir égoïstement en enfant gâté qui exige sa totale liberté sans se soucier de celle des autres. C’est ici que l’on devrait entendre de manière assourdissante les élus, les syndicats, les collectifs qui devraient hurler à la responsabilité.

Pourquoi lorsqu’il n’y avait pas de masques, était-on prêt à descendre dans la rue ou aller devant le Conseil d’état pour en réclamer et qu’aujourd’hui on se bat — au propre comme au figuré — pour ne pas le porter ? Pourquoi, alors que l’épidémie n’est pas encore vaincue et qu’il n’existe toujours pas de traitement efficace ni de vaccins fiables, certains prétendent se passer du respect des gestes barrière en se fichant du risque qu’ils font encourir aux autres. Tout cela au nom de leur liberté, de leur besoin insatisfait depuis quatre mois de faire la fête en se moquant des règles.

Le feraient-ils s’il s’agissait d’un virus aussi létal que la fièvre Ebola qui fait mourir dans d’atroces souffrances les deux tiers des personnes atteintes ? Sortiraient-ils librement s’ils risquaient de prendre une bombe sur la tête même après 12 mois de confinement ? Sans doute pas. Et ce sont sans doute les mêmes qui se plaindront dans trois semaines lorsqu’il s’agira d’envoyer leurs enfants à l’école. On marche vraiment sur la tête à force d’avoir été biberonnés par l’irresponsabilité et l’assistanat.

Oui nous le répétons sans cesse dans ces colonnes. Le respect de soi,l’’indépendance, l’autonomie, la souveraineté vont de pair avec la responsabilité et le travail. Yonn pa kay san lòt ! C’est aussi et surtout cela être Guadeloupéen. Aimer la Guadeloupe, c’est aussi aimer le pays et ses gens. !

Nous avions su gagner ensemble, la première bataille. C’est bien ! Il y a eu ce relâchement ô combien coupable, car irresponsable voire même égoïste. Montrons notre capacité et notre résilience à surmonter cette crise. A la fois sanitaire, économique, psychique en évitant qu’elle soit sociale. Aide-toi et le ciel t’aidera !

Rodes Jean-Claude.

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