Les impayés et des dettes s’amoncèlent, si on en croit la chambre régionale des comptes.

Relance ! C’est le mot qui est sur toutes les lèvres depuis la fin du confinement. On a connu le feuilleton haletant de l’adoption du plan de relance européen. Les 27 avaient passé ensembles pas moins de quatre nuits avant de parvenir à se mettre d’accord sur un plan de 750 milliards d’euros. 360 milliards sous forme de prêts et 390 milliards de subventions distribués aux états.

La France devrait bénéficier de 40 milliards sur cette seconde tranche. Ce plan de relance européen arraché par Emmanuel MACRON et Angela MERKEL aux pays du Nord de l’Europe a lancé le véritable signal de la relance en France. Avec un nouveau premier ministre, le gouvernement a aussitôt embrayé en annonçant toute une série de mesures de récompenses, de soutiens ou de facilités au bénéfice de différents secteurs d’activités. Outre les augmentations distribuées aux soignants pour près de 8 milliards d’euros, le gouvernement a surtout mis en œuvre un plan Jeune avec des aides à l’embauche et à la formation, des aides aux très grandes entreprises comme Air France, Airbus, Renault et bien d’autres.

Au total, une première mouture de 100 milliards d’euros devrait être consommée d’ici le milieu de l’année 2021. Objectif : éviter la faillite des entreprises et des secteurs le plus touchés comme le tourisme, la culture, l’aérien ou l’automobile. Il faut, a dit le ministre de l’économie, limiter au maximum les licenciements. A noter que ce plan qui devrait être présenté en détail le 24 août comporte également selon les vœux du président de la République, des aides massives vers la réorientation de l’économie en direction de la transition écologique, la réindustrialisation et l’économie digitale ou numérique.

Pour atteindre ces objectifs, éviter une crise, cette fois-ci sociale, le gouvernement va refondre et rendre plus efficace le système de formation qui devra également permettre aux salariés licenciés de se réorienter vers ces nouvelles activités. Il faudra pour la Guadeloupe voir comment ce plan sera décliné et en particulier pour ce qui touche à la formation, dont l’inefficacité est chaque année pointée du doigt.  

Alors que les caisses de nos collectivités sont vides, que des impayés et des dettes s’amoncèlent, si on en croit la chambre régionale des comptes, les plans de relance ne manquent pas. Entre les bons vœux de la Chambre de Métiers, pompeusement baptisés plan de relance de l’artisanat et les bénéfices à tirer du plan de relance gouvernemental il y a un monde. La Chambre de métiers qui n’a pas de véritables moyens financiers a pourtant proposé 12 mesures et lancé une campagne de valorisation des artisans. De son côté le patronat, a relancé son outil de guichet unique, le pacte pour l’emploi, qui permet de faciliter les démarches et l’obtention des aides à l’embauche. Parallèlement, une bonne campagne de communication en faveur du « consommé péyi » permet là aussi de réorienter les achats vers la production locale. C’est également la direction qu’a prise le CTIG. Limité par la pénurie de liaisons aériennes et l’absence de croisières, le comité du tourisme tente comme le font la plupart des pays, d’aiguiller les vacanciers locaux vers la découverte du pays Guadeloupe.

Mais les deux collectivités ne sont pas en reste. Le Département dont ce n’est pas le cœur des compétences tente par tous les moyens de venir en aides aux producteurs locaux notamment dans l’agriculture : irrigation, mise à disposition de foncier, distribution d’aliments pour bétail… C’est également le cas dans son champ de compétence principale : l’action sociale envers les plus démunis se multiplient. Une aide conséquente a été également votée en faveurs des artistes et du monde culturel.

Consommer et produire local c’est également le credo de la Région à travers son projet de Plan de relance. Le Conseil Régional en charge du développement économique s’est donc basé sur une stratégie à court terme et une stratégie à long terme au-delà de 2022. Le budget primitif voté il y a 5 semaines permettra de prendre en compte cette nouvelle donne notamment sur l’investissement des entreprises et le lancement de grands chantiers.  Avec comme fer de lance la mise en place du Prêt Rebond en collaboration avec la BPI, la Région souhaite, comme le gouvernement éviter le dépôt de bilan des TPE en soutenant leur trésorerie. Puis dans un second temps faciliter la reprise par l’investissement, puis drainer la consommation vers cette production locale. Et si cela intervient en période pré-électorale cela tombe plutôt bien ! Ce prêt Rebond palliera en partie, surtout pour les TPE, la frilosité des banques qui, malgré la garantie de l’Etat trainent pour octroyer des prêts aux entreprises qui en ont le plus besoin. Mais c’est bien connu, on ne prête qu’aux riches.

Mais la Région comme le Département ont-ils vraiment les moyens de leurs politiques ?

Traverser cette crise inédite, alors qu’on bégaie encore sur l’eau, et surtout lorsqu’on qu’on n’a aucune idée de la durée de la crise, relève d’un exploit d’équilibriste. Mais là où il y a une volonté, il y a toujours un chemin. Et ce d’autant que relancer l’économie sans relancer la Covid19 n’est pas aussi simple que cela. Et ce n’est pas non plus un simple changement de statut qui pourrait le permettre. L’idéologie a ses limites, perd ses illusions, quand elle est rattrapée par la réalité. Il suffit de voir la situation en Calédonie ou à Tahiti. Et même celle de nos voisins et autres pays ayant la pleine souveraineté. Notre archipel a des atouts, des infrastructures modernes, et des hommes et des femmes qualifiés et éduqués. L’État providence comme les aides européennes sont nécessaires, mais ne peuvent pas tout. Même avec le droit à la différenciation.

Les décideurs et nos élites devraient, je crois, parler franc et clair aux Guadeloupéens. Sans pour autant citer Churchill qui promettait de la sueur, du sang et des larmes au sortir de la seconde guerre, il faut au moins se retrousser les manches. Au boulot !

Rodes Jean-Claude.

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