AU-DELA DU COVID, AU-DELA DE CUBA, SAUVER L’HOPITAL.

La Confédération des Praticiens des Hôpitaux (CPH) se félicite de la publication au Journal Officiel du 1 avril 2020 du décret d’application de la loi du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé, accordant une dérogation à la Guadeloupe et la Martinique pour leur permettre de recruter des médecins quels que soient leurs pays d’origine.

Face à l’emballement médiatique autour d’un élu et de Cuba, la CPH tient à préciser quelques points :

-       Il s’agit de l’aboutissement d’une revendication de la CPH exprimée et renouvelée avec persévérance depuis 6 ans

-       Si l’épidémie de COVID-19 y a fait introduire des mesures temporaires d’urgence dans un de ses articles, il s’agit fondamentalement d’améliorer durablement la démographie médicale dans tous les hôpitaux des Antilles. NOS HOPITAUX MANQUENT DE MEDECINS DEPUIS LONGTEMPS (anesthésistes-réanimateurs, radiologues, psychiatres, etc)

-       Il permet de recruter des médecins quelle que soit leur origine, sur la base d’un dossier individuel et d’une audition. Il concerne donc l’ensemble des pays ou des médecins francophones, et pas seulement Cuba

-       Ce décret était attendu depuis juillet 2019, suite à l’introduction d’un article dans la loi de santé par le Président de la commission des affaires sociales du Sénat, amendé et soutenu par plusieurs sénateurs, pour des dispositions soutenues aussi par l’ARS de Guadeloupe

-       La CPH se félicite que plusieurs élus de la Guadeloupe et de la Martinique se soient mobilisés pour relayer les attentes des professionnels, dans l’intérêt de la population, et leur demande de poursuivre leur action pour soutenir l’ensemble des autres mesures nécessitées par l’hôpital public en Guadeloupe et améliorer sa démographie médicale, et notamment :

o   Mettre en place une faculté de médecine de plein exercice

o   Améliorer le statut des praticiens hospitaliers en outre-mers et en particulier aligner leur rémunération sur les autres agents de la fonction publique (prime de vie chère de 40%),

o   Renforcer la médicalisation de la gouvernance des hôpitaux

o   Adapter la tarification à l’activité au niveau réel des surcoûts subis

Les hôpitaux publics en Guadeloupe encore plus que dans l’hexagone sont en difficulté depuis longtemps et la crise du COVID-19 les amène à la rupture. Les mesures que la CPH et les professionnels demandent depuis 2004 sont encore plus des nécessités : revoir le financement de nos établissements, y attirer des médecins de qualité. Cela reste l’enjeu d’une démocratie sanitaire au service des usagers et de tous les citoyens.

 Dr Michel EYNAUD

Conseiller régional de la Confédération des Praticiens des Hôpitaux (CPH)

Conseiller régional du Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH)

Référent outremers de la fédération Action Praticiens Hôpital (APH)

EPSM DE LA GUADELOUPE.

Commentaires  

0 #1 D Devillers 03-04-2020 16:07
Je connais les difficultés de nos hôpitaux pour recruter des médecins, en psychiatrie tout particulièrement. Il est donc clair que l'apport de médecins étrangers, francophones de préférence sera utile.
Mais j'examine aussi la question sous un autre angle :
Y a-t-il donc des pays qui ont trop de médecins au regard des besoins de leur population et qui peuvent les laisser partir sans risques ? Dans la négative, comment expliquer que des médecins abandonnent leurs compatriotes ?
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