Réduction de la masse salariale pléthorique de la commune.

Bien qu’on avance et qu’on se rapproche inexorablement vers le début de la campagne officielle, on sent bien que certains trépignent d’en découdre. Non pas de parler projets, d’aide aux associations, de bèleté de la cité. Non pas d’évoquer les nécessaires et urgents programmes de rénovation de quartiers. Pas vraiment de dire comment faire accepter la réduction de la masse salariale pléthorique de la commune, comme le réclame en vain la Chambre Régionale des Comptes et le préfet. Ne pas, non plus, expliquer une méthode simple pour supprimer le déficit et retrouver un cadre budgétaire assaini en deux ou trois ans. Encore moins de lancer la commune dans une véritable vision écologique de l’avenir en changeant profondément les comportements et les façons de vivre la Cité. Non pas surtout de dire comment financer son programme. Et ce d’autant que les caisses sont vides et que les collectivités majeures ne peuvent se substituer à toutes les carences des promesses infructueuses. Non rien de tout cela. 

C’est en effet, bien plus facile de salir la réputation des adversaires. De lancer des boules puantes sur Facebook ou WhatsApp. De créer des Deep Fake, oui ces vidéos plus vraies que nature qui, grâce à l’intelligence artificielle, mettent en scène l’adversaire dans des situations préjudiciables. Cette bataille des coups tordus sur les réseaux sociaux, ne grandit ni leurs auteurs et encore moins l’exigence d’un vrai et nécessaire débat que l’on doit aux électeurs. Et ce d’autant que les enjeux sont de plus en plus complexes.

Le pire est à  venir. En 2020, on n’en est plus aux classiques de la déstabilisation qui consistaient notamment à sortir durant la campagne quelques dossiers noirs de détournements de fond, de conflits d’intérêt ou d’abus de biens. Ou des photos préjudiciables à la moralité et attentatoires aux bonnes mœurs. Tous ces traquenards à la papa ne sont plus réellement de mise.

Aujourd’hui place à la grosse artillerie. Celle qui devient virale sur internet avec cette liberté de nuisance sans limite d’autant que les auteurs ne peuvent être facilement identifiés et encore moins poursuivis financièrement et pénalement. Ces virtuoses des fake news, ont un imaginaire des plus corrosif.  Rien n’est laissé au hasard dans ces montages paraissant plus vrais que nature pour décrédibiliser définitivement un candidat aux yeux de l’opinion. On incruste des fausses infos. On met en scène des interviews imaginaires. On réalise des sondages bidons. On manipule les chiffres.  Et le pire, est que certains de nos confrères en prêtant le flanc à de tels procédés, portent l’opprobre sur toute une profession qui privilégie l’éthique. Difficile ici de ne pas évoquer l’affaire du faux sondage de Sainte-Rose. Idem avec les nombreuses vidéos tronquées de débats parlementaires ou de meetings qui circulent déjà.  Il n’appartient pas en effet aux médias dans une démocratie, d’être des sergents recruteurs et prétendre faire les élections. Ni de se substituer au CSA, à la commission électorale, aux candidats et encore moins aux électeurs.

Le progrès a plusieurs facettes. Pour arracher la décision, la « com » pour convaincre en politique, comme dans tout ce qu’on a à vendre, est devenu incontournable.  La communication est l’affaire de vrais professionnels de l’information. A ceux, qui par l’usage de méthodes rigoureuses, par leur loyauté et honnêteté, se soumettent à des règles drastiques de déontologie professionnelle et d’éthique morale. C’est ainsi que l’on peut se prémunir un tant soit peu de la logorrhée de caniveau qui pollue la réflexion du citoyen. Dénonçons cette facilité qui consiste à reprendre voire à amplifier tout ce qui traîne sur les réseaux sans leur appliquer les filtres indispensables. «Mentez, mentez, il restera toujours quelque chose !» dit le dicton.

C’est vrai. La puissance, la multitude et la rapidité de diffusion du virtuel, ne laisse guère le temps de la réplique. Car dans cette bataille du numérique, il faut être en capacité non seulement d’attaquer mais aussi de se défendre. Tout aussi rapidement. Vous connaissez l’adage : «le mensonge prend l’ascenseur quand la vérité prend l’escalier». Les candidats se trouvent contraints de disposer de moyens humains et techniques pour une veille maximale et une réactivité optimale. Quid ici des coûts de telles opérations ?

Comme on le constate, le combat électoral ne se déroule plus exclusivement an ba mango la.  La grosse sono, le discours chez Misyé Entel et les sorcelleries dans les katchimen (carrefour).  Gardons-nous cependant de ces usages immodérés des outils de la modernité qui peuvent dénaturer la démocratie. La démocratie c’est d’abord l’affaire de chaque citoyen, dans une liberté de choix et de conscience. S’il doit être informé, qu’il soit donc bien informé. On ne peut contraindre personne à se montrer fraternel et encore moins consciencieux. Mais pour le citoyen lambda, la confiance dans une information loyale et de qualité est essentielle.

En période électorale, période cruciale, de toutes les attentes, de toutes les passions et ambitions même illégitimes, la responsabilité des influenceurs et surtout celles des médias est écrasante. Qu’ils se montrent  à la hauteur et fassent  donc l’effort de leur devoir. C’est une obligation morale. « Essayer d’avoir une réputation sans tache est le plus pur trésor que puisse donner l’existence humaine » disait le grand William Shakespeare.

Rodes Jean-Claude .

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