Les dernières élections : Un vote sanction?

Le quotidien FA dans son numéro des 4 et 5 mai 2019 faisait état de l’évolution des notes attribuées aux différentes communes par « le réseau d’alerte » entre 2006 et 2018.  Sur les 32 communes de Guadeloupe, en 2006,  10  atteignaient ou dépassaient 20/40 et avaient ainsi une situation financière correcte. En 2017, il n’y en a plus que 2 : Saint-Claude et Petit-Canal. Dramatique.

L’électeur, au moment de mettre son bulletin dans l’urne a-t-il été sensible à la situation financière de sa commune ?  

Il est impossible de sonder les âmes. Toutefois, dans les communes où la situation financière s’est le plus dégradée et a atteint le dernier stade, « grave », avec des notes comprises entre 5 et 10/40, aucun maire sortant n’a été réélu. Il en a été ainsi à Pointe-Noire (note passée de 13 à10), Pointe-à-Pitre (de 14 à 6), Basse-Terre (de 15 à10)  Vieux-Fort (de 20 à10), Terre-de-Haut (de 19 à 5) et Saint-Louis (de 20 à 6). Il semble bien qu’il s’agisse là d’un vote sanction.

A Saint-Claude où la situation financière  qui était correcte s’est améliorée, la note passant de 21 à 25/40 et à Petit Canal qui était en tête avec 30/40 mais qui est désormais en 2éme position derrière Saint-Claude avec 23/40, les électeurs ont réélu leur maire respectif, Elie Califer et Blaise Mornal  au 1er tour à une majorité dépassant 75%. Ces deux résultats  paraissent bien confirmer, en positif cette fois, un vote sanction.

C’est moins vrai ailleurs.

Ainsi dans les deux communes où la situation financière était critique en 2006 et l’est restée, le maire sortant a été réélu : Guy Losbar  à Petit-Bourg (10/40)  et Maryse Etzol à Grand-Bourg (11/40).

A l’inverse, à Port-Louis, où la situation financière était grave et l’est restée (10/40), le maire sortant a été battu.

 Dans des  communes où la situation était à surveiller (note entre 15 et 19) ou critique (11à 14) en 2006 et s’est sensiblement dégradée, la qualité de la gestion financière n’apparaît  pas avoir influencé le choix des électeurs. Ainsi, à Anse-Bertrand (où la note est passée de 15 à 11), au Lamentin (de 20 à 11), aux Abymes (de 16 à 12), à Sainte-Anne (de 17 à 11), à Baillif (de 15 à 12), à Trois-Rivières  et Sainte-Rose (de 19 à 16) les maires sortants ont été réélus. Tel n’a toutefois pas été le cas à Capesterre-Belle-Eau  (dont la note est passée de 19 à 16) où le maire sortant, candidat à un 5ème mandat a été battu.

Dans des communes où la situation est passée de correcte ou à surveiller à critique, on peut évoquer un vote sanction. Tel est le cas à Saint-François (où la note est passée de 21 à 11), au Gosier (de 23 à 14), et à Capesterre-de-Marie-Galante (de 17 à 11) étant précisé que les maires sortants du Gosier et de Capesterre-de MG avaient jeté l’éponge.

Malgré une amélioration de la situation des finances communales, les maires de Gourbeyre et de Vieux-Habitants dont les notes sont remontées de 14 à 17 et de 7 à 12, ont été battus.

Réélus ou nouveaux, les maires des 30 communes de la l’archipel dont la situation financière n’est pas correcte devront déployer de grands efforts de gestion. La situation ne peut en effet sans risques continuer à se détériorer. Si les recettes n’augmentent pas, les dépenses doivent diminuer et, en particulier, les dépenses de personnel afin de retrouver des capacités d’autofinancement. C’est indispensable et prioritaire.

Commentaires  

0 #2 Claude 31-07-2020 00:02
La marge de manœuvré c'est primordial, car sans elle , il n'est pas possible de réaliser les investissements tant attendus par la population ! Deux solutions : augmenter les impôts étant constaté que nos communes sont très souvent au taquet en matière de fiscalité, ou baisser les r les charges de fonctionnement. Tres souvent, c'est là qu'il y a matière à réduire.
Citer
0 #1 Jérôme FILLEAU 25-07-2020 14:15
Je ne pense pas que la gestion financière de la commune soit un critère important dans le choix des électeurs. L'argent "public" est pour la grande majorité de "l'argent magique", d'autant plus que les augmentations de taxes locales se font essentiellement dans les débuts de mandats. Je pense à ce sujet à Georges FRECHE, archétype de l'animal politique, qui disait en substance : " Les deux premières années, j'augmente les impôts, ils gueulent comme des veaux. Ensuite, pendant deux ans, je laisse reposer le flan et les deux dernières années je leur distribue des fleurs et des bonnes paroles et ils me réélisent !"
Le peuple est versatile, inconséquent. Ce sont "les bonnes paroles", la proximité, le clientélisme qui font les élections.
Citer

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

Please publish modules in offcanvas position.